RÈGLE D’OR

Quand le Golf s’inclinait devant les annélides

Le golf, sport d’élégance et de précision, a connu des règles aussi insolites qu’oubliées.

Parmi celles-ci, une situation cocasse : la « règle du mouvement du ver ». Bien qu’elle n’ait jamais figuré officiellement dans le code du golf, elle témoignait d’une époque où l’esprit du jeu prévalait. Imaginez un golfeur, prêt à frapper, lorsque le sol se met à vibrer sous l’effet d’une activité souterraine intense. Des vers de terre, dans leur ballet incessant, modifient la position de la balle ! Jadis, l’interprétation courante accordait au joueur le droit de replacer sa balle sans pénalité. Pourquoi une telle indulgence ? Au-delà du comique de la situation, cette pratique reflétait une volonté d’équité. Le golf se voulait un jeu de dextérité, non une lutte contre les caprices de la nature. Punir un joueur pour un événement aussi imprévisible et incontrôlable aurait été jugé injuste.
Cependant, au fil des révisions du règlement, cette tolérance a disparu. Les raisons ? Une quête de simplification. Il devenait plus aisé d’englober ce type d’incident dans la catégorie plus large des « conditions anormales de terrain ». De plus, prouver l’influence réelle des vers sur la trajectoire d’une balle relevait de la gageure.
Ainsi, la règle du « mouvement du ver » s’est évanouie, absorbée par des dispositions plus générales. Un souvenir pittoresque d’une époque où le golf, tout en cherchant la perfection, savait aussi sourire aux aléas de la vie souterraine.